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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 15:15

Le « paradis fiscal » réclamé par le Medef...

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Le nouveau patron du Medef, Pierre Gattaz, juge qu’il a suffisamment l’oreille du pouvoir pour dire tout haut ce en quoi le patronat veut transformer la France : «Un paradis fiscal.» Il ne l’entend pas comme l’un de ces micro-États qui servent à blanchir l’argent des multinationales et des mafias, mais comme un pays où, à force de «réduire le coût du travail et les prélèvements», l’accaparement des richesses créées par les capitalistes n’aurait plus de limites. Il ne suffit pas aux 500 plus grandes fortunes françaises d’avoir quadruplé leur patrimoine professionnel en dix ans.

La machine à fariboles n’a même pas été réduite au silence par la publication de ces profits faramineux. En décrivant la situation de petites et moyennes entreprises effectivement privées des moyens «d’investir, d’innover, d’embaucher», Pierre Gattaz désigne fallacieusement les services publics, l’impôt redistributeur et la part de salaires compris dans les cotisations sociales comme les fauteurs de crise. Il sait qu’il épargne ainsi les banques qui prélèvent des intérêts financiers excessifs et accordent trop chichement des crédits et qu’il acquitte de la sorte l’oligarchie qui aspire toutes les richesses vers les marchés financiers. 
Le président du Medef ne craint pas d’être contredit 
par le pouvoir. François Hollande a confirmé, dimanche, lors de son interview sur mesure à l’Élysée, sa conversion à une compétitivité fondée sur l’austérité infligée 
au peuple et un laisser-faire libéral.

«À qui les ténèbres sont-elles nécessaires 
si ce n’est aux accapareurs et aux fripons?» interrogeait 
déjà Robespierre, dont 
il convient de rappeler 
la lucidité en ces lendemains de 14 Juillet. Alors, pourquoi occulter ce chiffre choc : en 2012, l’augmentation du patrimoine des dix plus grandes fortunes françaises suffirait à éponger le déficit des comptes des retraites prévu en 2020 ? Pourquoi, dès lors, présenter comme un impératif l’allongement de la durée de cotisation nécessaire pour faire valoir ses droits? 
La surdité de l’Élysée concerne-t-elle aussi désormais 
le Parti socialiste, qui vient de récuser cette perspective?

C’est d’ailleurs un sentiment de fermeture, d’enfermement même à l’égard des problèmes 
du pays, qui s’est fait jour à l’écoute des propos 
du président de la République. Réduire les dépenses publiques – c’est-à-dire les services publics qui répondent à l’intérêt général et en premier lieu à celui des familles modestes –, accroître encore les aides aux entreprises, ouvrir la porte au démantèlement de notre modèle social par un accord de libéralisation du marché transatlantique… voilà «la nouvelle frontière» à laquelle devrait se rallier le peuple de gauche! Peu probable. 
Le cœur de ce dernier a toutes les raisons de battre 
à l’unisson des mobilisations syndicales du 10 septembre contre une régression en matière de retraites. Sa parole trouvera, à la Fête de l’Humanité, un formidable lieu pour se faire entendre lors du forum, le samedi 
après-midi, 14 septembre, à l’agora, et un puissant porte-voix lors du meeting, le dimanche après-midi. 
«Il est temps, écrivait Paul Éluard, de prendre à César 
ce qui ne lui appartient pas.»

* Edito du journal l'Humanité du 16 juillet par Patrick Apel-Muller

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Publié par PCF Perpignan - dans Politique
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